Semaine de réduction des déchets: "Vider l'océan à la petite cuiller" Retour
[21 novembre 2008]

La semaine nationale de réduction de déchets devient rituelle depuis quelques années.

L'an dernier elle était menée sous l'égide du SITOM (aujourd'hui dissous), et cette année, elle est organisée, en ordre dispersé, dans chacune des communautés de communes de notre territoire.

Sans doute, la mobilisation d'associations de consommateurs ou de défense de l'environnement, à l'occasion de cette manifestation n'est-elle pas totalement inutile même si elle apparaît dérisoire tant l'écart est énorme entre les objectifs et les moyens de les atteindre face aux résistances du lobby des industriels et parfois même de l'implication faible des responsables politiques.

Braquer les projecteurs sur le consommateur en le culpabilisant, sans remonter jusqu'à la source (l'éco-conception) c'est mettre la charrue devant les bœufs et faire de la communication en se donnant bonne conscience.

Quand on sait que les ordures ménagères (qui ne représentent que 5% de l'ensemble des déchets) pourraient être facilement réduites à moindre frais en faisant pression sur les industriels d'une part, et en facilitant le tri le recyclage et le réemploi d'autre part, on est amené à la conclusion que la volonté politique n'est pas au rendez vous.

Pourtant il suffirait de repenser l'ensemble du problème des déchets, pour une collecte sélective poussée, un traitement de proximité, un tri beaucoup plus efficace à tous les niveaux, l'institution d'une redevance réellement incitative, pour obtenir rapidement des résultats visibles et encourageants.

Mais, même lorsque des actions d'envergure sont envisagées comme dans l'affaire des Châtelets (St-Brieuc), on voit se lever des obstacles importants du Bureau de vérification de la publicité (BVP) jusqu'à l'ADEME... cf. www.agirpourlenvironnement.org

L'association SAUVAL a écrit à chaque président des communautés de communes hier rassemblées au sein du SITOM pour leur demander de prendre des initiatives concrètes et des engagements fermes comme par exemple:

-exiger des organisateurs de fêtes l'usage de couverts réutilisables,

-remplacer la taxe ou même la redevance actuelle par une redevance incitative appuyée sur la pesée embarquée,

-installer dans chaque bourg ou quartier des composteurs collectifs pour les fermentescibles,
-mettre en place près des déchetteries, des recycleries pour la réutilisation des objets mis au rebut,

-renouveler l'opération « Stop Pub ».

Compte tenu de la crise financière et des problèmes économiques futurs, le contexte n'est pas très favorable aux questions écologiques, ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

En se contentant, de quelques opérations ponctuelles, une fois par an, sans réel suivi et sans pression en amont, on pourra continuer indéfiniment le processus rituel et donner raison à une ancienne ministre de l'écologie qui disait en 2005: « j'ai l'impression qu'il nous faut vider l'océan à la petite cuiller »*

* Mme Bachelot Annales des mines février 2005